Les Sentinelles sont des projets de Slow Food nés pour sauvegarder les petits productions de qualité. Le but est d'assurer la survie et la pérennisation de produits et de systèmes traditionnels de production.
C'est la fondation Slow Food pour la Biodiversité qui pilote ces projets. Plus d'informations sur leur site www.slowfoodfoundation.org
Il y a aujourd'hui plus que 300 sentinelles dans 43 pays.
Huit sentinelles seront présentes au salon Savoirs et Saveurs de Montagne :
Depuis des milliers d'années, l'histoire du petit épeautre (Triticum monococcum) est étroitement liée à celle des civilisations méditerranéennes. Cette céréale était consommée en abondance jusqu'à l'époque romaine, mais par la suite elle fut quasiment totalement substituée par le blé (tendre et dur), qui prit la place de plusieurs céréales mineures, permettant une augmentation de la productivité et un allègement du travail (pas de décorticage). En fait l'épeautre est une céréale vêtue ce qui signifie qu'elle doit être décortiquée avant d'être consommée (avec un travail semblable à celui du riz). Depuis un douzaine d'années, le petit épeautre a recommencé à susciter un fort intérêt et ce grâce à la rusticité de sa plante, adaptée à des climats semi-arides et à des terrains pauvres, à la qualité nutritive et organoleptique de ses graines particulièrement riches en protéines, magnésium et phosphore. Le petit épeautre de Haute Provence est une population botanique locale dont les premières traces remontent à 9 000 avant JC., et dont on estime qu'elle provient de la face occidentale de l'actuelle Turquie. Aujourd'hui, une vingtaine de producteurs, dont les champs s'étendent sur 235 communes à plus de 400 m d'altitude en Haute Provence, se sont réunis dans un syndicat et ont obtenu une CCP (Certification Conformité Produit) dans l'attente d'une IGP (Indication géographique Protégée) pour les grains et la farine. Ils ont rédigé un cahier des charges rigoureux qui suit les critères de l'agriculture biologique, et promeuvent leur produit avec l'appui des restaurants de la région et un participant aux foires et marchés locaux. Le petit épeautre est parfaitement adapté aux conditions environnementales, certes rudes, de la zone de production, et il alterne avec les champs de lavande et de poids, avec lesquels il est en rotation. Il a un cycle annuel d'environ 11 mois et une productivité réduite, mais sa capacité d'adaptation lui permet de compenser largement les difficultés inhérentes à sa production.
La culture de la lentille avait complètement disparu autour de Saint-Flour. La Planèze de Saint-Flour est un plateau basaltique de 800 à 1200 m d’altitude, encadré par deux barrières montagneuses à
Aujourd’hui, le Castelmagno que l’on trouve dans le commerce est souvent produit par des fromageries, mais il existe encore quelques bergers d’alpages qui travaillent suivant la technique traditionnelle : par exemple, ceux du hameau de Chiappi, groupés autour du produit « sentinelle », qui montent en alpage à plus de 1600 m d’altitude et utilisent exclusivement le lait de leurs vaches. Le fort parfum des herbes fourragères et l’extraordinaire variété de la flore des prairies, composée de graminées des genres Poa et Festuca, mettent en valeur les caractéristiques organoleptiques de ce fromage, dont les qualités lui ont permis d’obtenir la D.O.C.* en 1982 et la D.O.P.* en 1997.
La race porcine Noir de Bigorre représenterait le type de porc le plus ancien connu en France. De type ibérique, le porc Noir de Bigorre est entièrement noir et a son origine au pied des Pyrénées, dans le Nébouzan (à cheval sur les départements de la Haute-Garonne, des Hautes-Pyrénées et du Gers).
Bien adaptée aux travaux agricoles, qui exigent puissance, calme et résistance à la chaleur, la race bovine gasconne aréolée, originaire du Gers, y était largement répandue jusqu’à la moitié du 20ème siècle. Les boeuf, de grandes tailles, réputés pour leur force, étaient incontournables pour effectuer les labours des sols lourds de leur territoire. En fin de carrière, ils étaient engraissés et fournissaient une viande riche en gras interstitiel que les ouvrages de l’époque distinguaient déjà des autres viandes de boeuf pour son fondant et sa saveur exceptionnelle. Ils faisaient l’objet d’un commerce très actif.
Certains l’appellent « toma », d’autres « robiola », mais dans le patois local, le nom est « cevrin ». Du printemps à l’automne, dans le Val Sangone, on produit ce fromage au lait de chèvre, toujours mélangé à du lait de vache en quantité variable. Après une coagulation lente obtenue grâce à de la présure de veau liquide, à mi-chemin entre la coagulation lactique et celle à caractère présure, le caillé est brisé puis laissé à reposer avant d’être mis en faisselles et modelé en formes d’environ 20 cm de large. Enfin il est salé à sec sur les deux faces. Pendant la maturation, qui dure au moins trois mois et a lieu en alpage dans des grottes naturelles, il est nécessaire de retourner et nettoyer les fromages quotidiennement. Au terme de ce processus, on obtient un fromage à saveurs de noisette et de beurre, légèrement piquantes, aux arômes intenses et persistants, qui vont du bois sec à celui de l’herbe fauchée, jusqu’à celui du pelage animal. La pâte, jaune vers l’extérieur et blanche à l’intérieur, est légèrement granuleuse alors que la croûte est rugueuse, humide et de couleur ambrée. Les formes rondes pèsent de 0,8 à 1,5 kg, ont une épaisseur de 10 cm et un diamètre variant de 15 à 18 cm. Il serait impossible de produire le Cevrin sans la chamoisée des Alpes, une chèvre semblable à un bouquetin, agile et svelte, de taille petite à moyenne, au pelage roux et aux cornes magnifiques recourbées vers l’arrière. Elle ressemble nettement à son cousin sauvage, avec lequel elle partage l’habitude frugale, elle est audacieuse et capable de donner le meilleur dans des conditions extrêmes. Ce petit ruminant vit dans des prairies d’altitude, même maigres et donne son lait pour la production du fromage que la Sentinelle veut valoriser en développant un nouveau réseau commercial qui permettrait de relancer l’élevage caprin et d’augmenter la production de lait.
La brigasque est une brebis rustique et solide, issue probablement de la même souche que la « frabosana » ; elle est un peu moins robuste, mais le profil convexe caractéristique du museau et les cornes recourbées vers l’arrière, en spirale chez le mâle, sont identiques. Le nom vient de la Brigue, un village français de la vallée de La Roya, connu par le passé pour être le plus important centre d’élevage ovin de la région frontalière entre Ligurie, Piémont et Provence. Dans toute la région, la brebis était une source de revenu essentielle ; puis, le tracé des frontières politiques et administratives de 1947 rendit plus difficile le déplacement du bétail, provoquant la régression des troupeaux. Aujourd’hui, on compte 1800 têtes en Ligurie et 800 dans la vallée de La Roya. La brigasque est élevée sept ou huit mois en alpage et quatre ou cinq mois dans la « bandia », la zone côtière, où le pâturage en plein air est possible même en hiver. Trois fromages sont obtenus avec son lait : la « sora », la « toma » et le « brus ». La « sora » est produite avec du lait de brebis cru provenant de deux traites. Le caillé est rompu à l’aide du classique « spino » de bois, recueilli dans une toile grossière (raireura) avec laquelle on forme une sorte de balluchon sur lequel on pose une grosse pierre. Au bout de douze heures la masse est sortie de la toile et découpée en morceaux réguliers. Après une maturation de deux semaines, les fromages sont lavés, séchés et mis à affiner dans un endroit frais pour au moins deux mois.
Les fromages sont ronds, pèsent entre 1,7 et 2,3 kg, ont un diamètre de 18 à 25 cm et une épaisseur de 5,8 cm. La pâte, compacte et élastique, d'un jaune paille qui vire au doré en cours de maturation, présente quelques « yeux » ça et là. La croûte est mince, lisse, d'une couleur variable, du jaune paille au gris, avec des nuances du jaune à l'orange. Produit avec du lait de vache d'alpages entier et crû, c'est un fromage de montagne typique, plus petit que la tomme piémontaise. Il faut souligner particulièrement le fait qu'il est élaboré à chaque traite, c'est-à-dire deux fois par jour : une telle méthode vient probablement de la nécessité de mettre à profit la température naturelle du lait. Justement pour cette raison, et parce qu'il naît en période estivale, il possède un arôme particulier : au nez se révèlent le pâturage et d'agréables senteurs florales. Il est préférable de ne pas le laisser mûrir trop longtemps. Les traits organoleptiques idéaux s'obtiennent en trois à cinq mois d'affinage.